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Bernard Serra, passementier haute-couture
Article mis en ligne le 1er mai 2012
dernière modification le 25 mai 2023
Bernard Serra : Le Prince du Sud
 
Grâce à Bernard Serra, diplômé du Studio Berçot de Paris, un vent de renouveau souffle sur la passementerie. Son talent et son savoir-faire sont salués par les plus grands noms de la haute-couture qui font appel aux services de sa maison Le prince du Sud, labellisée « entreprise du patrimoine vivant ». Parallèlement, il signe de son propre nom, sacs du soir, pochettes, ceintures et bijoux, créations qui sont déclinées en 90 couleurs et à découvrir dans son show-room parisien du Viaduc des Arts.
 
Bernard Serra dans son atelier

Franc-Parler : Alors, vous êtes venu à la passementerie ou c’est la passementerie qui est venue à vous ?
Bernard Serra : Donc, en fait, c’est la passementerie qui est venue à moi. Dans le sens, en fait, où j’ai rencontré une société donc spécialisée dans ce travail-là à Paris en 2005, avec qui j’ai commencé à travailler sur des petites collections de sacs et de petits bijoux textiles. Et puis, il s’est avéré qu’un an après avoir commencé cette société, cette société a rencontré des difficultés financières, et donc j’ai eu la possibilité, à un moment donné, de racheter cette société, donc, je dirais que c’est un peu venu à moi, quoi. Donc, sans forcément, réfléchir et me poser des questions j’ai plongé, voilà, j’ai osé reprendre cette société. Ça fait 6 ans, ça fera 6 ans, au mois d’avril.
 

Franc-Parler : D’accord. Toutes vos créations sont fabriquées en France. Pourquoi ce choix ?
Bernard Serra : Alors, donc, moi, je fabrique tout en France. Le choix c’est que, je pense qu’en France il y a une belle énergie créative, il y a beaucoup de savoir-faire également. Ces dernières années on a perdu énormément, puisqu’il y a eu pas mal de sociétés qui ont été fermées ou rachetées ou délocalisées. Moi, c’est vrai que je me bats tous les jours pour préserver ce savoir-faire et cette tradition en France, j’ai préservé également des emplois sur la région Centre puisque la société se trouve entre Lyon, Saint-Étienne, en région stéphanoise. C’est une volonté très forte, et voilà.
 
Franc-Parler : La passementerie est un métier assez traditionnel, qui existe depuis très, très longtemps. Mais, vous, qu’est-ce que vous apportez de plus à cette branche ?
Bernard Serra : La passementerie est un vieux métier, puisqu’on ne le date pas dans l’Histoire. C’est quelque chose qui remonte vraiment depuis très très longtemps. Au temps des rois, on s’en servait pour faire de la décoration, pour cacher les trous des robes des dames, enfin bon. Donc, ce que j’apporte, c’est ma jeunesse, mon énergie, ma créativité, ma curiosité, puisque je voyage beaucoup, que je pioche des idées de création un petit peu partout à travers le monde, et qu’après, je retranscris à ma manière sur la passementerie. Je pense que j’apporte un nouveau regard, une jeunesse que l’on n’a pas lorsqu’on évoque le mot passementerie, qui fait assez poussiéreux et un peu désuet.
 
Franc-Parler : Pour vous, j’ai l’impression que la couleur, c’est quelque chose de très important.
Bernard Serra : Alors, oui, la couleur est très importante pour moi pour la bonne et simple raison, c’est que je suis originaire du sud de la France, Catalan d’origine, et que c’est une région de France où il y a beaucoup de couleurs. Et à travers la couleur, c’est aussi mon énergie et mon envie de vie qui passent par là.
 
Franc-Parler : Est-ce que vous pouvez brosser un portrait-type de la cliente qui porte une de vos créations ?
Bernard Serra : Alors, pour moi la cliente qui porte mes créations, c’est une femme qui voyage forcément, qui est curieuse de tout, qui n’a pas besoin qu’on la mène, quoi. C’est elle qui mène sa vie, et voilà. C’est quelqu’un qui est sûr d’elle, qui est déterminée et en même temps qui est très raffinée, très sensible, et à l’ écoute de la vie, de ce qui se passe autour d’elle.
 

Franc-Parler : Peut-on utiliser votre technique dans tous les secteurs de la mode ?
Bernard Serra : Oui, ma technique, en fait, elle est applicable dans beaucoup de secteurs de la mode, puisque je travaille, je collabore régulièrement chaque saison avec de très nombreuses maisons de haute-couture. Donc, ça va aussi bien de la fabrication de boutons qui vont être appliqués sur des vêtements, mais également sur des chaussures, sur des chapeaux. Donc, on fait du motif en passementerie, on fait de la frange, on fait des brandebourgs, donc il y a vraiment beaucoup, beaucoup de possibilités à travers le travail de passementerie.
 
Franc-Parler : Pour les années à venir, quelle orientation pour la marque Bernard Serra ?
Bernard Serra : Garder le cap du savoir-faire français, déjà, préserver ce beau savoir-faire. Ce qui n’est pas tous les jours évident, parce qu’actuellement on traverse quand même une période assez difficile de crise et de remise en question profonde et fondamentale en Europe en tout cas. Je pense aussi à travers le monde. Donc, c’est, continuer de faire ma passementerie, ma création, continuer de collaborer avec des noms prestigieux. Et puis également essayer de développer tout le secteur de la décoration intérieure qui est aussi, je pense, un marché très très prometteur puisque la passementerie, au départ, c’est quand même très adapté au milieu de la décoration. Et donc, je voudrais essayer de consacrer un peu plus mon temps à développer tout ce travail de décoration.
 
Mai 2012
Propos recueillis : Éric Priou
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